CARTE – Quelles sont les autres ZAD en France?

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CARTE – Quelles sont les autres ZAD en France?

A Notre-Dame-des-Landes, après l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport, tous les regards sont tournés désormais vers la ZAD. La zone de 1650 hectares occupée par plusieurs centaines de personnes doit être évacuée à la fin de la trêve hivernale, fin mars. « Je ne veux plus voir ce genre de ZAD en France », a déclaré Emmanuel Macron mercredi. Mais le voeu du président de la République est pieu, car d’autres ZAD existent déjà en France, et d’autres sont en cours de développement. Depuis Notre-Dame-des-Landes, les zadistes ont d’ailleurs adressé mercredi « un fort message de solidarité vis-à-vis d’autres luttes contre des grands projets destructeurs et pour la défense de territoires menacés ».

Dans son ouvrage Zones à défendre, de Sivens à Notre-Dame-des-Landes, Philippe Subra, qui enseigne à l’institut français de géopolitique, donne une définition précise des ZAD, zones d’aménagement différée, rebaptisées « zones à défendre » par leurs occupants. Au sens strict, c’est l’occupation permanente qui fait la ZAD. Plus largement, le terme désigne l’opposition à de grands projets pour des raisons environnementales et autour d’une même base idéologique. Tour d’horizon de plusieurs ZAD emblématiques. 

La carte ci-dessous liste tous les chantiers encore sous tension en 2018 et qui constituent une ZAD déjà existante ou en devenir.

  • A Roybon (Isère), une ZAD bien vivante

Après Notre-Dame-des-Landes, la principale ZAD occupée en permanence en France est celle de Roybon, en Isère. Depuis 2007, le groupe Pierre&Vacances projette d’y construire le 6e Center Parcs de l’Hexagone sur une zone humide, dans la forêt de Chambaran. Le coût du projet est estimé à 390 millions d’euros, pour la construction de mille cottages, commerces et restaurants, autour d’une bulle transparente maintenue à 29 degrés, avec piscine et jacuzzi. Depuis 2013, plusieurs opposants occupent la ZAD en permanence et se relaient à « La marquise », une maison forestière. En 2016, d’après Sud Ouest et Le Figaro, ils étaient entre 10 et 15. 

Leur détermination a payé jusque-là puisque le projet, qui devait voir le jour en 2017, est gelé. A l’été 2015, au nom de la loi sur l’eau, l’arrêté autorisant la construction a été annulé en première instance. La Cour administrative d’appel de Lyon a confirmé cette décision le 16 décembre 2016. La communauté de communes Bièvre Isère a ensuite saisi le Conseil d’Etat pour annuler l’arrêt de la Cour administrative d’appel de Lyon. Mais en octobre 2017, le Conseil d’Etat a rejeté ce recours, donnant raison aux opposants.

  • Dans la Meuse, Bure fait de la résistance

Le site est sans doute aussi célèbre que Notre-Dame-des-Landes: à Bure, entre la Meuse et la Haute-Marne, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) veut creuser à 500 mètres sous terre un sarcophage qui aura vocation à accueillir 70.000 mètres cube de déchets nucléaires de haute et moyenne activité. Le sarcophage est baptisé Cigéo, et la demande d’autorisation doit être déposée en 2019 par l’Andra, pour ce projet dont le coût est estimé à 25 milliards d’euros.

Sur place, l’opposition s’est enracinée progressivement. Notamment avec le rachat de ce qui allait devenir « la maison de la résistance » en 2004. Les opposants installés sur le site, que certains préfèrent appeler ZIRA (zone d’insoumission à la radioactivité), ont été expulsés une première fois en 2016. Ils se sont ensuite réinstallés dans l’ancienne forêt communale, le Bois Lejuc.

  • Près de Strasbourg, l’autoroute de la discorde

Dans le Bas-Rhin, un projet de contournement autoroutier de la ville de Strasbourg mené par une filiale de Vinci devrait empiéter sur le bois de Kolbsheim, avec la construction d’une rocade de 24 kilomètres essentiellement payante. Son nom officiel est GCO, Grand contournement ouest. Pour les opposants, installés depuis juillet 2017 dans le bois, il s’agit de préserver 350 hectares de terre et de forêt.

En octobre dernier, Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique, a demandé au groupe de « retravailler » ce projet très controversé, en raison de ses effets sur la biodiversité. En plus de son impact sur les terres, il présente un danger pour des espèces protégées, comme le grand hamster d’Alsace. Mais d’après le gouvernement, la construction qui devait débuter début 2018 n’est pas remise en question, elle n’est que retardée. 

  • EuropaCity: une ZAD en Ile-de-France

A Gonesse, au nord de Paris, le groupe Auchan prévoit à l’horizon 2024 de construire un complexe regroupant 500 boutiques, hôtels et parcs d’attraction avec piste de ski et centre aquatique. Un projet baptisé Europacity, situé à proximité de deux centres commerciaux déjà existants, et qui empiéterait sur 80 hectares de terres agricoles, au grand dam de plusieurs associations locales. Le terrain n’est pas encore occupé illégalement, mais les opposants au projet ont installé un potager de 3.000 mètres carré et se revendiquent comme une ZAD.

« Pour nous c’est déjà une ZAD, on la défend depuis plusieurs années », explique ce jeudi Jean-Yves Souben, vice-président du collectif pour le triangle de Gonesse, sur BFM Paris. Ce mercredi, Libération rapportait que le commissaire chargé d’une enquête publique sur cette opération avait émis un avis défavorable. 

  • Villenave d’Ornon et Allauch, une ZAD évacuée, une autre en sursis

En Gironde, des écologistes se battent depuis 2001 contre une projet de golf immobilier à Villenave d’Ornon, dans la banlieue de Bordeaux, pour préserver 167 hectares accueillant des terres fertiles agricoles et des espèces protégées, dont le vison d’Europe. Le golf a été inauguré en septembre 2017, après le défrichage d’une zone humide. Près de 200 personnes occupaient le site, mais elles ont été délogées. A Allauch, dans les Bouches-du-Rhône, des zadistes installés depuis 2014 dénoncent un projet de rocade autoroutière, Linéa, devant rallier la ville de Saint-Mitre. Six kilomètres de terrains sont menacés et 56 familles pourraient être expulsées d’après les zadistes. En décembre dernier, ils étaient menacés d’expulsion.  

D’après Le Figaro, une cinquantaine de sites au total sont surveillés par les renseignements en France, dont douze identifiés comme pouvant « dégénérer » et suivis par la gendarmerie nationale. On peut citer parmi eux Saint-Victor-de-Melvieu, un petit village de l’Aveyron qui se bat contre un projet de gigantesque transformateur électrique. Ou la mobilisation contre la ligne de TGV Lyon-Turin, menée par les No Tav, un dossier sur lequel Emmanuel Macron a promis de se prononcer en 2018.



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